Eric Lacascade excelle dans ses mises en scène intenses du théâtre russe, On se souvient notamment de son Platonov de Tchekov dans la Cour d’Honneur du Festival d’Avignon en 2002, ou des Barbares du même Gorki en 2006.
Défenseur d’un théâtre d’Art exigeant et populaire, très physique, fondé sur une fidèle troupe de 14 comédiens, Eric Lacascade travaille à inventer une autre manière de regarder le trouble des êtres, pour mieux questionner notre époque.
Gorki dit avoir écrit Les Estivants pour redonner des rêves à l’âme, Eric Lacascade les met sur scène pour redonner du souffle à l’homme.
Comme chaque été, Bassov et sa femme Varvara retrouvent au bord de la mer leur datcha et leurs amis, Souslov l’ingénieur, Doudakov le docteur, Rioumine le propriétaire, les épouses, la soeur, le beau-frère... Des vacances paisibles, apparemment joyeuses. Un petit monde bien embourgeoisé quand arrive l’écrivain Chalimov qui va déclencher un cruel jeu de la vérité. Le ton monte et les apparences se fissurent. Entre confidences et coups de griffes ressurgissent les idéaux reniés, les amours inavoués, les abandons et les déceptions, lents renoncements de toutes sortes.
Ecrite par Gorki en 1904, la pièce se situe dans une Russie en pleine effervescence prérévolutionnaire.
Mais, de l’oeuvre, Eric Lacascade n’a gardé ni le contexte historique ni le contexte géographique, de même fait-il parler les personnages comme on parle aujourd’hui, sans affèteries. Directs, ils sont juste là, au présent. De sorte que les spectateurs peuvent d’identifier aux personnages de l’histoire.